Humidité ascensionnelle : reconnaître et traiter les remontées
L’humidité ascensionnelle, ou remontée capillaire, est l’eau du sol qui monte dans le bas des murs par les pores de la maçonnerie. Elle touche surtout les maisons anciennes sans barrière étanche à la base des murs. Elle ne s’arrête pas seule : il faut couper le chemin de l’eau, le plus souvent par injection, puis refaire les enduits chargés de sels.

Les signes typiques
- Une bande humide ou une auréole en bas des murs
- Du salpêtre, une poudre blanche, sur l’enduit
- Une peinture qui cloque, un plâtre qui s’effrite
- Des plinthes qui gonflent ou pourrissent
- Des signes présents toute l’année, même par temps sec
Qu’est-ce que l’humidité ascensionnelle ?
L’humidité ascensionnelle est la montée de l’eau du sol dans un mur, par capillarité. Brique, pierre et mortier sont pleins de pores très fins. Comme une mèche ou un sucre plongé dans un café, ces pores aspirent l’eau et la font monter, sans aucune pression.
L’eau monte jusqu’à ce que l’évaporation à la surface du mur compense ce qui arrive du sol. La hauteur atteinte dépend donc du mur, de son épaisseur, de ses matériaux, de la quantité d’eau dans le sol et de ce qui le recouvre. Un enduit ou une peinture étanche, qui empêche l’évaporation, pousse l’humidité plus haut.
Pourquoi certaines maisons sont touchées
Les remontées capillaires touchent surtout les maisons où rien n’empêche l’eau du sol d’entrer dans le mur. Les situations les plus fréquentes en Belgique :
- les maisons anciennes, souvent d’avant-guerre, construites sans membrane ou couche étanche à la base des murs ;
- une barrière d’origine abîmée avec le temps, ou contournée par un enduit extérieur qui descend jusqu’au sol ;
- un niveau de terre, de terrasse ou de trottoir rehaussé au-dessus de la barrière ;
- des murs mitoyens ou intérieurs posés directement sur le sol ;
- un terrain humide ou une nappe proche, comme dans certaines zones basses.
Remontées ou autre chose ? Les confusions fréquentes
Plusieurs problèmes imitent les remontées capillaires, et c’est la première cause de traitement inutile. À vérifier avant de traiter :
- une infiltration en pied de façade, par une terre trop haute, une descente d’eau qui déborde ou une terrasse mal raccordée : l’humidité varie alors avec la pluie ;
- une fuite de canalisation dans le sol ou le mur : la tache est localisée et peut grandir vite ;
- de la condensation en bas d’un mur froid, derrière un meuble ou dans un coin mal ventilé ;
- des sels hygroscopiques laissés par une ancienne humidité : le mur paraît humide parce que les sels attirent l’eau de l’air, alors que la cause est réglée.
Comment confirmer le diagnostic ?
Un diagnostic fiable repose sur des mesures à plusieurs hauteurs et en profondeur, pas sur un seul chiffre affiché par un appareil. Un humidimètre de surface est utile pour repérer les zones, mais il réagit aussi aux sels et peut surestimer l’humidité.
Un professionnel sérieux mesure du bas vers le haut, compare plusieurs murs, regarde l’extérieur (niveau du sol, gouttières, enduits) et peut prélever un peu de matière au cœur du mur pour en mesurer l’humidité réelle. Il doit pouvoir vous expliquer pourquoi il conclut à des remontées et pas à une autre cause.
L’humidité ascensionnelle est-elle grave ?
Ce n’est pas une urgence du jour au lendemain, mais le problème s’aggrave avec le temps. Les sels détruisent peu à peu les enduits et les joints, les bois au contact du mur (plinthes, planchers, poutres) peuvent pourrir et, dans les cas défavorables, accueillir la mérule. Un mur humide est aussi un mur plus froid, qui isole moins bien.
Pour la santé, c’est surtout l’humidité de l’air et les moisissures qui peuvent gêner les personnes sensibles. En cas de symptômes respiratoires, parlez-en à votre médecin.
Comment traiter l’humidité ascensionnelle ?
Le principe est toujours le même : créer une barrière à la base du mur pour couper la montée de l’eau, puis assainir ce qui est au-dessus. Les techniques existantes :
- l’injection : un produit hydrofuge, liquide ou en crème, est injecté dans une rangée de trous en bas du mur et forme une barrière ; c’est la méthode la plus répandue ;
- la coupure mécanique : le mur est scié par tronçons et une membrane étanche est glissée dans la saignée ; très efficace mais lourde, elle ne convient pas à tous les murs ;
- l’électro-osmose et les appareils dits électroniques ou magnétiques : les avis sur leur efficacité sont partagés ; si on vous en propose, demandez des mesures avant et après et une garantie écrite ;
- le drainage ou l’abaissement du terrain extérieur : il réduit l’eau au pied du mur et complète un traitement, sans le remplacer quand la remontée est installée.
Après la barrière : enduits et séchage
La barrière arrête l’eau, mais le mur reste chargé d’humidité et de sels. Pour un résultat durable, le traitement comprend en général :
- le retrait de l’enduit abîmé, au-delà de la zone visiblement touchée ;
- un temps de séchage, souvent de plusieurs mois selon l’épaisseur du mur ;
- un enduit d’assainissement ou un enduit adapté aux murs salins, perméable à la vapeur ;
- une peinture perméable à la vapeur pour finir.

Peut-on traiter soi-même ?
Vous pouvez limiter les dégâts, mais pas vraiment supprimer des remontées sans matériel ni diagnostic. Ce qui est à votre portée : dégager le pied des murs, abaisser une terre ou des jardinières collées à la façade, vérifier gouttières et descentes, retirer un enduit ciment étanche intérieur, ventiler.
Des kits d’injection existent dans le commerce. Le geste paraît simple, mais le résultat dépend du bon diagnostic, du bon produit, de la hauteur et de l’espacement des trous, de l’état du mur et du traitement des enduits. Voir notre page sur l’injection, qui détaille ces limites.
Ce qui fait varier le prix
Le prix d’un traitement contre les remontées ne se donne pas sans voir les murs. Ce qui le fait varier :
- la longueur de murs à traiter, intérieurs et mitoyens compris ;
- l’épaisseur et la nature des murs : briques, pierre, murs creux, murs mixtes ;
- la technique retenue ;
- la surface d’enduit à retirer et à refaire, et les finitions ;
- l’accès : cuisine équipée, radiateurs, sols à protéger.
Primes : ce qu’il faut savoir
En Flandre, la Mijn VerbouwPremie prévoit, dans sa catégorie de travaux préparatoires à l’isolation, le traitement des murs contre l’humidité ascensionnelle, à certaines conditions (revenus, âge du logement, travaux faits par un entrepreneur). En Wallonie et à Bruxelles, renseignez-vous sur les sites officiels de votre Région, car les primes à la rénovation changent régulièrement. Dans tous les cas, les conditions se vérifient sur le site officiel avant de signer.
Informations générales. Seul un professionnel sur place peut confirmer la cause et la solution. Mis à jour le 03/11/2026.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’humidité ascensionnelle ?
C’est l’eau du sol qui monte dans le bas des murs par capillarité, à travers les pores de la brique, de la pierre et du mortier, quand aucune barrière étanche ne l’en empêche.
Comment stopper des remontées capillaires ?
En créant une barrière à la base du mur, le plus souvent par injection d’un produit hydrofuge, puis en remplaçant les enduits chargés de sels et en laissant sécher.
Comment traiter l’humidité des murs par injection ?
On perce une rangée de trous en bas du mur, on y injecte un produit hydrofuge qui forme une barrière, puis on refait les enduits abîmés après séchage. Le diagnostic doit confirmer les remontées avant.
Que valent les traitements par électro-osmose ?
Les avis sont partagés. Si on vous en propose, demandez des mesures d’humidité avant et après, et une garantie écrite sur le résultat.
Le chauffage fait-il baisser l’humidité ascensionnelle ?
Il améliore le confort et l’évaporation en surface, mais n’empêche pas l’eau de monter du sol. Le mur reste alimenté tant que la barrière n’existe pas.
Un enduit ou une peinture spéciale suffit-il ?
Non. Cela masque les traces un temps, et un produit étanche peut pousser l’humidité plus haut. Il faut d’abord traiter la cause.
Mon mur peut-il sécher seul ?
Pas tant que l’eau continue d’arriver. Une fois la barrière posée, le séchage prend souvent plusieurs mois, selon l’épaisseur du mur.
À lire aussi
Vous reconnaissez ce problème ?
Trois questions pour vérifier, puis une demande de devis si vous le souhaitez.



Comment reconnaître les remontées capillaires ?
Les remontées capillaires se reconnaissent à une humidité qui part du sol et s’arrête à une hauteur assez régulière, toute l’année. Les indices :